Depuis le mois d’Aout 2021, APEDEC a fait des visites de sensibilisation des 53 ménages de différents quartiers de la ville de Bujumbura. Les mères rencontrées ont révélé qu’elles ont du mal à gérer les médicaments non utilisés (MNU). Des pharmacies familiales sont installées dans les salons et dans les chambres des maisons. Certains de ces médicaments sont utilisés à moitiés et conservés pour usage ultérieur, certains d’entre eux sont périmés. Dans les échanges engagés, elles ont avoué franchement ne pas savoir comment gérer ces médicaments non utilisés. Elles ont dit qu’elles les jettent dans les poubelles ordinairement utilisées pour la gestion des déchets ménagers et dans les caniveaux pour être emportées par des eaux de pluie. Ces produits sont des substances chimiques, déposés dans la nature, ils affectent les ressources en eau potable dont l’homme et les animaux ont besoin pour vivre.
Cependant, les autorités du Ministère de la Santé Publique et de la Lutte contre le Sida font savoir que les consommateurs de médicaments doivent remettre les médicaments non utilisés à la pharmacie ou à la structure de soins où ils les ont achetés, ou les déposer au bureau du district sanitaire le plus proche. Ces pharmacies ou ces structures de soins en collaboration avec le département du Ministère devront fixer un calendrier pour détruire les médicaments non utilisés ou périmés. Mais la réalité est tout autre et présente le pire des situations.
Au fait, il n’y a pas de centre spécialisé dans le stockage et la destruction des médicaments non utilisés au Burundi. Ce qui est grave, même les quelques incinérateurs installés dans les structures de soins sont presque tous tombés en panne. Actuellement, pour détruire les médicaments non utilisés, on se rend dans un endroit convenu dans la nature. Ici aussi, nos constats est que la destruction dans la nature n’est pas parfois bien faite (l’exemple est le site de destruction sur la colline Burarana, sous colline Mibira en commune Bururi de la province Bururi. Les restes des médicaments sont récupérés par les gardiens de vaches et de chèvres. Au regard des dangers que recourent la population en général et les enfants en particulier, APEDEC s’engage à contribuer à renforcer et diversifier les stratégies de conscientisation des ménages pour préserver leur santé et celle des autres. Aussi elle va s’impliquer visiblement dans le travail synergique de collecte et de destruction sécurisée des médicaments non utilisés en partenariat avec les Ministères ayant la santé, l’environnement et la gestion des catastrophes dans leurs attributions.