04Dec2022

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APEDEC

LES ORIGINES D' APEDEC

LAssociation pour la Protection de l’Enfance  et le Développement Communautaire, « APEDEC» en sigle a été créée par  Monsieur NDAYIRAGIJE INNOCENT, licencié en Psychologie clinique et sociale. L’histoire de l’organisation est intimement liée à l’histoire de son fondateur principal.

Les parcours de la vie du Fondateur Principal et des co-fondateurs ont constitué des léçons sur lesquelles sont fondées les origines d’APEDEC.

En Savior plus

Orphelin du VIH/SIDA des années 80-90….. et de toutes formes de discrimination

Innocent NDAYIRAGIJE est né à Ntunda, commune Vyanda en province de Bururi en 1976. Il est le 2ème enfant d’une fratrie de 5 enfants de BATUNGWANAYO Jean et Kasa Léocadie.

Son père et sa mère sont morts entre 1987-1990 suite au VIH/SIDA. Innocent, comme sa fratrie, a connu des périodes dures de stigmatisation et de discrimination. Au cours des années 80-90, le VIH/SIDA était mal perçu et les victimes étaient mal vues par les membres de la famille et les membres de la communauté. Tousser à cause de la grippe exposait les enfants dont les parents étaient PVVIH à l’écartement, à l’isolement, à des stratégies de retrait du groupe, à la discrimination tout court. Voilà la raison qui a poussé le fondateur à lutter contre le VIH/SIDA. C’est une maladie qui a marqué sa vie et son histoire.

Parrainage traditionnel, forcé et dirigé …
Puis Innocent, son frère et ses trois sœurs voulaient rester chez eux et recevoir divers appuis en étant chez eux dans la maison familiale. Les parentés ont refusé et ils ont été contraints d’accepter le parrainage traditionnel forcé et dirigé (avec le partage des biens des défunts par les parrains) qui a été assuré par les familles proches, elles aussi, en difficultés socio-économiques. Ici, certains parmi la fratrie ont subi des formes de maltraitances graves de manière intentionnelle et par ignorance, et il n’est pas bon de faire les détails dans ces pages. Mais la souffrance psychologique et quelque fois physique dû au parrainage mal conduit a marqué le passé des enfants de Jean et Léocadie dans diverses circonstances. Cette partie de la vie a contribué à orienter Innocent pour étudier la Psychologie et surtout s’intéresser profondément à la psychologie de l’enfant. C’est ici où est née l’idée de lutter contre les maltraitances faites aux enfants dans les familles de sang ou celles de prise en charge. On en a senti la douleur et il faut les combattre.

Succession de quelques autres dures épreuves expérimentées par le Fondateur

En 1992, à la fin de 7ème année au Lycée de Gitega, pauvre qu’il était, il a passé une nuit et deux jours dans la rue de la ville de Gitega à cause du manque de ticket pour rentrer chez lui. C’est par la providence divine qu’il est venu un étudiant de l’Institut Supérieur d’Agronomie (ISA) en promenade, inconnu d’Innocent, mais qui a été compris comme adjuvant bienfaiteur pour sauver la situation. Il a été compatissant en voyant le jeune pleurnichant, larmes aux yeux sans espoir et confiance en lui et en l’autre. Heureusement, l’étudiant, malgré qu’il n’ait pas d’argent suffisant ( il avait trois cent francs dans sa poche), il a bien jugé de contribuer au ticket en donnant plus de 60% du montant (200F sur 300F le montant du ticket) grâce à son altruisme et à sa bienfaisance sans qu’il y ait une demande lui adressée. C’est à partir de ce bon geste que le ticket global a été complété par un autre jeune qui a donné le reste comme crédit. Ainsi la situation se décrocha !

Un certain Claver NGENDAKURIYO, cousin d’Innocent, alors élève de 3ème scientifique au Petit Séminaire de Buta, a éprouvé une grande compassion durant les vacances d’été après avoir entendu et suivi tout qui est arrivé de mal à Innocent. Il a fait beaucoup de tentatives pour sauver la situation de souffrance d’Innocent. La dernière des tentatives a été d’oser affronter les autorités de l’école pour exposer le problème familial et de plaider pour son cousin malheureux afin de trouver une place à cette école proche de la maison, où il n’aura plus besoin des tickets, juste une marche de 9km à pied suffisait. Il faut signaler qu’il ne lui a pas été facile d’être compris à cause de son âge et de son statut d’élève. Mais il a persévéré jusqu’à décrocher cette faveur. Une détermination extraordinaire d’un jeune avec une compassion et un leadership à louer. C’est par ce jeune de valeur qu’Innocent a été sauvé et a pu poursuivre son cursus scolaire comme les autres jeunes de son âge.

1993-1997 : période scolaire et de renforcement de l’art de vivre et du vivre-ensemble malgré les faiblesses, les fragilités et les traumatismes liés au passé familial et scolaire. Pendant ce moment, des activités de renforcement de l’estime de soi et de la confiance en l’autre ont été organisées à l’école et Innocent y a participé. Ce sont notamment les jeux sportifs, les théâtres, les danses traditionnelles, les mouvements d’action catholique, les associations,…Innocent a été responsable de l’école à 3 reprises : doyen du Cycle inférieur, doyen de l’école pendant les deux dernières années du Cycle Supérieur. Notons qu’en 3ème année scientifique, il a reçu le prix de Monseigneur Bernard Bududira, Evêque du Diocèse de Bururi à cette époque (1996) dédié à un élève qui avait beaucoup de responsabilités, qui les assurait comme c’était prévu et qui réussissait. Etc. Et partant, la résilience commençait à dresser ses racines…

Le 30/04/1997 : Innocent fut l’une des victimes des atrocités commises au Petit Séminaire de Buta contre les jeunes élèves, alors qu’il étudiait en 2nd Sc B et il était Doyen de l’école, avec beaucoup d’autres responsabilités.

Heureusement, il a joui des fruits de la fraternité agissante et active de la part de deux jeunes élèves d’ethnie différente de la sienne en le sauvant miraculeusement de la mort imminente grâce à leur amour oblatif. Ils l’ont transporté dans un endroit caché, dans les toilettes sous les coups des fusils. L’un de ces beaux garçons s’est déshabillé du tricot blanc, alors qu’il faisait trop froid (jusqu’à -4°c) pour bander la jambe qui saigner beaucoup ainsi empêcher la mort d’Innocent qui surviendrait par manque de sang.

Lors de la participation aux Journées Mondiales de la Jeunesse (JMJ) à Paris en 1997, il a rencontré une autre personne bienfaitrice franco-africaine qui lui a donné un cadeau d’un petit appareil avec bénédiction « cher Innocent, tiens cet appareil solaire, il te servira pour ta lutte de survie et de développement,… ! Il ne t’exigera pas de piles, tu l’étaleras seulement au soleil et il accumulera de l’énergie et c’est tout…»

En 1999, au cours du Service Civique Obligatoire (SCO), Il a eu le temps de penser à sa vie passée et à celle future. Il s’est référé à quelques-unes des théories récemment apprises en Philosophie pour enrichir cette prise de conscience. Ainsi il est parti des théories sur l’art de vivre dont Socrate et Nietzsche ont été ses inspirateurs privilégiés. Trois vérités fondent la base de réflexion du Fondateur d’APEDEC: (1) « connais-toi toi-même » de Socrate ; (2) « c’est dans l’épreuve que la personne se révèle » et (3) « ce qui ne nous tue pas nous rend forts », les deux dernières vérités sont de Nietzsche. C’est à partir de ce moment qu’il a décidé de changer positivement de vie. Il a d’abord compris que ce qui nous a fatigué, blessé ou meurtri dans le passé ne doit pas nous laisser indifférents mais aussi ne doit pas nous empêcher de jouir dans le présent et bien avancer dans le futur. Tout devient leçons de la vie !

Il est impérial de transformer les difficultés vécues dans le passé en des opportunités de vie pour aujourd’hui et demain…

Puis il a fait une introspection, une autoanalyse ou une réflexivité pour évaluer ce dont il est capable, ce qu’il doit de l’extérieur et ses forces internes à exploiter. Ce retour sur soi lui a fait découvrir un potentiel en lui, à dimensions psychologiques, sociales et économique inébranlables. Alors il s’est lancé dans l’exploitation du cadeau béni (appareil photo) pour gagner de l’argent, lutter contre la pauvreté qui l’a tant battu et récupérer sa joie d’enfance et sa richesse sociale longtemps perdues. Et voilà qu’en quatre ans seulement (1999-2002), l’utilisation de l’appareil, l’augmentation de l’estime de soi, la confiance en soi retrouvée et la passion de l’amour d’autrui construite… avaient déjà transformé l’étudiant en un grand entrepreneur, visionnaire, humanitaire et transformateur des autres jeunes avec des mots d’ordre : « un pied à l’université, un pied dans les affaires pour la prévention du chômage » ; « être disponible et au service des jeunes en détresse psychologique et pauvre » ; « former et renforcer des communautés (jeunes et adultes) qui se soucient des besoins des enfants et des jeunes et aussi déterminées à y répondre … »

Ainsi, sur base des leçons précédemment évoquées notamment:

  • Etre orphelin et ses conséquences.
  • Le parrainage traditionnel au Burundi qui garde ses faiblesses, la plupart des enfants parrainés sont maltraités et taxés injustement de tous les maux , il faut aider à améliorer la façon dont les orphelins ou autres enfants vulnérables sont perçus et aidés dans les familles d’accueil.
  • Les jeunes bien éduqués agissent avec droiture et correctement plus que les adultes même dans de dures épreuves, il faut éduquer sérieusement les enfants …
  • Les jeunes sont capables d’oser pour le bien de leurs pairs, il faut les encourager…
  • Dans une situation de détresse et de pauvreté extrême des jeunes, il faut une assistance d’urgence et diversifiée pour sauver leurs vie à temps…
  • Quand vous offrez quelque chose, vos paroles qui accompagnent ce don comptent autant que l’objet donné ou autre chose, il faut de bonnes paroles…
  • Un enfant/jeune qui a la conscience et la volonté de changer sa vie positivement peut y arriver pourvu qu’il ait un soutien psychosocial et économique de la part de ses pairs et des adultes
  • L’environnement où on grandit a les caractéristiques fortes d’influencer les idées et les comportements des jeunes, il faut agir sur lui pour qu’il soit sain et rassurant.
  • Les parents qui n’ont pas investi dans la promotion des droits de l’enfant (éducation, santé, protection,…) connaissent des pertes énormes même si elles apparaîtraient riches aux yeux des gens ; il faut les sensibiliser/éduquer à l’art d’être parent…« Je suis qui je suis parce qu’il y eu l’Autre avec des valeurs d’altruisme et de compassion et qui a agi… » , il faut agir alors avec les moyens disponibles.

    Il a décidé en date du 03/02/2002 de mettre en place un cadre opérationnel et légal pour mettre en pratique les leçons apprises. C’est la naissance de l’APEDEC.

    Il faut noter que la légalisation viendra plus tard le 18/9/2008.

    Rappelons qu’à l’université du Burundi, dans la Faculté de Psychologie et des Sciences de l’Education, le Fondateur d’APEDEC avait suivi l’Option de Psychologie Clinique et Sociale. Là aussi l’intérêt était porté sur le développement de l’enfant, ses besoins pour sa croissance psychologique et sociale, l’origine de la personnalité, le rôle des éducateurs dans l’orientation ou la transformation des comportements d’un éduqué, l’âge de malléabilité et de changement possible de comportement pour produire un bon enfant, l’âge où l’enfant peut être perdu sans possibilité de correction, le rôle des différents milieux de vie de l’enfant (famille, école et communauté).
    Finalement, il a dû travailler profondément sur la petite enfance et a produit un excellent travail de fin d’études universitaires avec thème : « Exercice de la fonction parentale dans l’éducation de l’enfant sevré, cas de la culture burundaise ». Un travail qui a connu des succès à l’Université du Burundi. Après avoir reçu une note de 80%, le jury lui recommanda d’aller pratiquer ce qu’il a défendu dans le mémoire. Cela devint une autre raison de renforcer l’APEDEC.

    Plus tard des idées se sont filtrées de par l’expérience professionnelle et des constats ont renforcé les motivations d’APEDEC au cours des années de vie :
  • L’enfance en difficultés socio-économiques doit être aidée, assistée et accompagnée. Quand les interventions sont faites à temps, l’enfant retrouve son équilibre psychologique, sociale et peut développer l’esprit entrepreneurial et arrive à avancer même exponentiellement. Mais aussi il faut travailler le milieu protecteur pour qu’il ait les capacités d’agir correctement et de maintenir l’enfant dans la dignité.
  • Un enfant bien éduqué dans la petite enfance est facile à orienter dans les opportunités de la vie, c’est une période d’apprentissage et de malléabilité. Les parents doivent se concentrer à cette période et perfectionner leur art parental. Un enfant qui a été bien suivi ne sera pas facilement perturbé par les aléas futurs. Il a une base des valeurs humaines et sociales.
  • Une enfance bien traitée est une pépinière d’hommes et de femmes équilibrées auxquels peut compter le pays dans son développement. C’est pourquoi APEDEC a lié la protection de l’enfance et le développement communautaire.
  • Le sport, l’art et la culture étant des moyens de véhiculer les valeurs humaines et sociales et les moyens d’encadrer les jeunes. Promouvoir les talents des jeunes étant un des objectifs privilégiés.
  • La sécurité sociale et économique étant un des grands défis qui ne permettent pas l’épanouissement des enfants et de leurs parents, le Fondateur préconise l’assainissement du milieu protecteur par une éducation à la paix et les services y relatifs ainsi que le renforcement des capacités économiques chez les jeunes et chez leurs parents.
  • L’ignorance est le grand malheur d’un peuple. Il faut une promotion de renforcement des capacités en éducation (l’alphabétisation des jeunes, l’amélioration du niveau d’éducation et de communication des jeunes, l’amélioration des connaissances informatiques et des services digitalisés,
  • Que celui qui a vécu des moments durs et tragiques de la vie et qu’il est parvenu à s’en sortir grâce au concours et à la bienfaisance des autres ne soit pas indifférent aux enfants et aux jeunes qui vivent les mêmes situations actuellement et demain. Il faut les observer, les écouter et agir en leur faveur pour promouvoir leur résilience sociale et économique. C’est la conviction de Monsieur NDAYIRAGIJE Innocent, le Fondateur.
  • Et les défis auxquels il faut s’attaquer de manière continuelle pour bien protéger l’enfant et assurer son bien-être sont : l’insécurité sociale et économique, les maladies, l’ignorance, les défis liés au respect des droits enfants.
  • Les domaines sont : la santé, l’éducation, la justice, la protection, lutte contre la pauvreté, le genre et l’environnement.


« Orphelin et pauvre, j’ai bénéficié naturellement de l’aide familiale. Mais, au cours de mon enfance en mouvement, j’ai souffert du manque des moyens de survie qui engendra un mal-être en moi et des douleurs généralisées dans ma personnalité. Heureusement qu’à des épisodes différents, j’ai été assisté et quelque fois sauvé en urgence par Dieu et par les hommes. Puis, à un certain moment, j’ai pris conscience que je dois faire mes efforts personnels pour changer positivement ma vie et être autonome. Alors, je me suis mis au travail, sans relâche jour et nuit en même temps que j’étudiais. Consécutivement à cette stratégie transformatrice et laborieuse, je suis devenu jeune étudiant bienheureux, résilient socialement et économiquement. Donc, ma décision est d’utiliser mes propres moyens et ceux des autres personnes partageant le même souci, individus ou groupes, partenaires communautaires, nationaux ou étrangers pour ainsi aider les enfants et les jeunes en situation de difficultés afin de les amener à se relever et avancer vers un avenir promettant… » a bien conclu Monsieur NDAYIRAGIJE Innocent, le Fondateur le jour de la création de l’APEDEC le 03 Février 2002 au Campus Mutanga.


Depuis le jour de sa création jusqu’aujourd’hui, il y a de cela 20ans, beaucoup d’actions envers les jeunes, avec les jeunes et pour les jeunes ont été organisées par les volontaires et/ou en partenariat avec les bailleurs de fonds et ont produit de bons résultats. C’est de même pour les actions en vers le milieu protecteur pour le rendre plus compétent dans l’éducation et le développement de l’enfant.

Vision

Une enfance saine et épanouie, une jeunesse active, productive et engagée et un environnement familial et communautaire qui promeut la résilience socioéconomique.

Mission

Mener des actions en faveur des enfants et des jeunes en situation de vulnérabilité ou à risque pour que leurs droits les plus fondamentaux soient respectés et appliqués. Elle a la mission aussi de renforcer les capacités socio-économiques et environnementales du milieu protecteur (la famille, l’école et la communauté) pour que ce dernier puisse répondre aux besoins réels des enfants en croissance, adultes et acteurs de demain.

Objectifs

  • Etre un cadre approprié d’information, de formation, de prévention, de soutien et d’échange d’expérience parentale
  • Créer des Cellules Mobiles d’Education Familiales et Sociales (CMES)
  • Assumer la prise en charge socio-médicale et psycho-juridique des OEVs
  • Promouvoir les activités culturelles et ludiques dans le but de transmettre les valeurs humaines et les droits des enfants
  • Renforcer les capacités économiques et sociales des femmes et des jeunes en difficultés
  • Contribuer à la recherche, à l’établissement et à la consolidation d’une paix durable
  • Faire participer les enfants au développement de leur pays